Stéphane Angelier

rédacteur graphiste

Je suis rédacteur graphiste. Je fais de la communication, des journaux, des expos. Je fais de la mise en page, de l’écriture, des lancements de projets. Ce métier c’est savoir mettre en adéquation le texte et les images. Je partage mon bureau à hôp avec Yves et Carlos.

Te rappelles-tu de ta première impression quand tu es arrivé à l’Arsenal ?

C’est lointain ! On est venu visiter le lieu avec Yves, on cherchait un nouvel endroit après avoir été ensemble à la caserne Vauban dans un grand hangar. Il y a eu ce plan-là, puis s’est posé la question “On y va, on y va pas ?!“ Allez c’est parti ! Cet espace était réservé pour quelqu’un d’autre mais finalement on l’a eu ! On a pu faire notre atelier et installer un studio photo.

Et qu’est-ce que cela à changer pour toi, de venir ici ?

Avant il n’y avait pas de vie commune dans notre espace de travail partagé. Ici, ça n’avait rien à voir, changement complet, surtout qu’avant ça faisait 10 ans que je bossais chez moi. On est entouré de plein de gens. Je n’ai pas rencontré grand monde en 10 ans à Besançon avant, et pour moi être ici c’est un booster de connexions ! De nouvelles personnes arrivent, avec des métiers improbables. C’est un gros bateau qui s’arrête dans différents ports.

Quel est le lieu que tu fréquentes le plus à l’Arsenal ?

La cuisine. On y mange, on se retrouve, tu y trouveras toujours quelqu’un pour papoter. C’est LE lieu central. Sinon le couloir et l’Arsenic.

As-tu un souvenir particulier d’un moment à Hôp ?

Surement la fête des 1 an ! Qui a été un gros moment fondateur du groupe. La fête de Noël des résidents aussi, et sinon la fête sauvage dans le couloir pendant le Covid, on a pu se voir malgré le contexte.

Tous les projets pro aussi qu’on peut faire ensemble, il y a une émulation, comme le projet de la vache qui rit, avec Virginie et Carlos. On se dit que c’est un lieu top pour bosser.

Et alors, c’est toi le responsable du ménage à hôp ?

À un moment on s’est dit qu’il fallait faire une liste de ménage. Et j’ai eu le malheur de dire que j’allais faire une notice, pour que le ménage tourne. C’était la première fois qu’on s’intégrait dans la marche du collectif.

… tu as même franchi une marche supplémentaire, car tu as intégré le conseil d’administration de l’association !

Et oui ! C’est la conséquence qu’on se trouve bien intégré dans le lieu, on connaît tout le monde. Il y a un attachement au projet et on veut qu’il perdure. Il y avait un trou d’air dans le fonctionnement du CA, alors avec Yves, on s’est dit qu’on n’allait pas laisser ça comme ça. Il était hors de question que ça tombe. Un certain nombre de personne se sont beaucoup investis, c’était peut-être à notre tour de donner du temps, de se mettre au service de tout le monde. Quand tu es en sursis, tu profites de chaque jour. C’est une chance. Quand tu regardes tous les avantages d’être ici mis bout à bout, je ne vois pas les inconvénients : les gens, en plein centre-ville, on a de la place, le prix… C’est à chacun de faire en sorte que le lieu s’améliore. Il faut inverser l’organisation pyramidale, ce n’est pas le bureau du haut qui s’occupe de tout, chacun s’investit.

Quelle est la place de hôp dans la ville de Besançon ?

Il y a un lien social fort. C’est un endroit qui intrigue, les gens ont envie de venir. C’est un lieu qui irradie dans les réseaux de chacun et avec toutes les activités qui s’y passent.

Il y a un rayonnement institutionnel qui est énorme à l’échelle de Bessac. Mais en même temps c’est marrant, avant le changement de municipalité on était comme un fantôme voyant, un fantôme actif. Par exemple, en 3 ans d’occupation, le BVV (le journal municipal de Besançon) n’a jamais parlé de nous !

… et pourquoi ?

On est indépendant de la mairie, ils n’ont pas la main dessus. C’est essentiel pour un lieu tiers d’être complétement indépendant, du moins au début. Ils sont incapables de voir ce lieu librement s’ils sont dedans.

Là ça commence à bouger un peu. Les mairies, c’est plein de gens qui sont là pour faire tourner les budgets et qui ont un fonctionnement particulier. Il faut les deux !

Hôp mène un projet d’occupation temporaire à l’Arsenal, est-ce que tu sais ce que tu feras quand on devra partir ?

On y a un peu pensé. Mais non ça ne va pas s’arrêter, on va faire autre chose ailleurs ! On compte bien sur vous. Ça ne pourra pas être pareil, ce sera autre chose.

Dans les jours plus négatifs, on se dit qu’on aura la possibilité de retourner bosser dans nos maisons, ce sera dur, mais on aura gagné le lien avec les uns et les autres !

Il y a toujours de la magie dans la fin des choses, il y a toujours un truc qui émerge, un coup de baguette magique que tu ne peux pas anticiper. L’anticipation est dans l’énergie que tu as mise avant, à faire des connexions. Le mouvement appelle le mouvement.

Quelles sont pour toi les limites d’un projet collectif ?

Un groupe ça avance comme sur un bateau sur des vagues, ça monte, ça descend, il ne faut pas que ça s’arrête. Il ne faut pas que tout le monde baisse les bras. S’il y a un moment difficile, tout n’est pas foutu. Le collectif est dans tout ce que je fais. TOUT est collectif, la démocratie, la famille…

(cette rencontre a eu lieu en octobre 2021)

Chloé Ruffieux

Je suis graphiste depuis plus de 10 ans. Avant, je travaillais en agence mais je suis à mon compte depuis

Corinne Déchelette

J’ai fait une formation de graphiste aux Arts Déco à Paris. Puis j’ai travaillé au musée du Louvre, à l’imprimerie

Maude Ligier

J’ai une formation d’historienne de l’art. J’ai un rapport très esthétique à la création. J’ai travaillé dans un atelier d’artiste

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Je suis artiste plasticien, enfin, surtout peintre. J’utilise quelques fois d’autres techniques, l’écriture ou l’installation.  Quelle a été ta première

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J’ai une société spécialisée en recherche et développement en engineering mécanique. Je possède de l’équipement pour pouvoir faire du prototypage

Yvan Bertrand

Ma passion dans la vie c’est les bateaux. Je suis originaire de la région, mais j’ai travaillé pendant 20 ans